Le Gospel

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LE GOSPEL EST UNE CULTURE MUSICALE NEE IL Y A PLUSIEURS SIECLES

 

 De nombreux récits racontent qu’au tout début on ne disait pas Gospel mais Go And Spell : « Go » (allez), « Spell » (répandez), autrement dit : « Allez et dites leur ! » qui devint plus tard Gospel, qui se traduit de l’anglais par « Bonne Nouvelle ». D’autres mettent en avant la volonté de Dieu de communiquer en rappelant que le terme Gospel vient de « God / Spell », ce qui signifie « Dieu parle ».

Mais avant de continuer, revenons aux origines de ces chants :

 Ce sont avant tout des chants d’espoir. En effet, sur les navires des négriers, les captifs chantaient leurs espérances. L’histoire du Negro Spiritual débute donc en 1619, début de la déportation de douze à quinze millions d’Africains par les pays du Vieux Continent (Portugal, Espagne, Hollande, Grande-Bretagne, France, Italie, Suède et Danemark) pour le commerce. De nombreux chants font d’ailleurs allusion à l’arrivée de leurs ancêtres sur le sol américain (« Oh Lord Let me ride ») ; les premiers arrivèrent en Virginie. Ainsi, victimes du déracinement de leur terre d’origine, ils vont transporter leur histoire au travers de leur musique et de leurs chants. Ces chants ont été inventés et transformés de manière anonyme par des esclaves noirs.

Mais l’esclavage en Amérique a plusieurs visages en fonction du lieu géographique. En effet, en Amérique du Nord, l’esclavage est plutôt graduel. Pour rythmer le travail pénible et difficile dans les champs (interdiction de parler), les esclaves noirs pratiquent les Work Songs (chants de travail). Ceci explique le rythme, la lenteur et l’absence d’orchestration des Negro-spirituals.

 Les Work Songs sont donc des chants simples, sans accompagnement, à travers lesquels tremblaient le souvenir de cette Afrique qui associe depuis toujours le chant aux circonstances de la vie. Les Negro-spirituals symbolisent ainsi la voix et l’histoire d’un peuple opprimé dont la musique était le seul exutoire. C’était l’expression d’une foi solide, souvent chantée sous le ciel, dans les champs de coton et racontant la vie et la mort, la souffrance et la tristesse, l’amour et le jugement, la grâce et l’espoir, la justice et la miséricorde , la guerre et la paix… Ce message va se répandre par sa force et sa beauté, dans le monde entier.

 

LE GOSPEL AU SEIN DES COMMUNAUTÉS CHRÉTIENNES

 En 1775, l’Amérique devient indépendante. Les esclaves, dont la traite et l’importation avait pris essor au 18ème siècle, et qui étaient considérés comme « non humains », sont recrutés en masse par toutes les congrégations, alors que leur évangélisation leur avait été refusée. Les pasteurs anglicans et calvinistes ont alors le désir de porter aux esclaves l’Evangile de Dieu. Les pèlerins du Mayflower se mettent au travail et transmettent aux esclaves leurs cantiques et leurs hymnes. Le Grand Réveil (The Great Awakening) et la simplification de la liturgie, mettent les textes et les chants sacrés à la portée des esclaves. Ceux-ci se sentent de plus en plus concernés par l’expression de leur foi et se mettent à fréquenter de plus en plus les offices religieux des églises blanches. Georges Leile fut le premier esclave noir à être autorisé à prêcher en 1774 et à créer la première église noire d’Amérique « l’African Baptist Church », à Savannah en Géorgie.

 Durant cette période difficile, les esclaves noirs s’identifièrent aux Hébreux captifs en Egypte. C’est une des raisons pour lesquelles on retrouve des thèmes et personnages de l’Ancien Testament dans plusieurs chants gospels. La libération du peuple d’Israël est vécue de manière concrète : la Terre Promise est, pour les Noirs opprimés, le Canada où l’esclavage n’est pas autorisé. Les textes bibliques relatent les victoires remportées par les victimes sur leurs bourreaux : « Joshué livra la bataille de Jericho et les murailles s’effondrèrent » – »Joshua fit the battle of Jericho » – symbole de la libération tant espérée. C’est ainsi que dans les églises baptistes et méthodistes, les esclaves sont de plus en plus nombreux à s’initier au chant choral protestant.

 Malgré les différences de langues entre chaque ethnie, le mélange avec la langue anglaise va s’opérer lentement, même si les esclaves déforment les mélodies chantées durant les offices. Car leur tradition vocale est fondée sur des gammes pentatoniques et leur langues originelles ne leur permettent pas une prononciation aisée de l’anglais (comme par exemple Kumbaya, qui signifie : Come by here). C’est d’ailleurs l’origine du swing, par l’escamotage des syllabes faibles, le déplacement des accents toniques créant un balancement syncopé des phrasés.

 Quant à l’accompagnement musical, il se fait, dans un premier temps, plutôt au rythme des outils d’esclaves (hâche, marteau, pioche, …). Dans un second temps, c’est une musique clandestine qui se joue avec des tambours, des flûtes de roseau, des violons et s’imprègne d’influences européennes (berceuses, gavottes). Mais, il en va différemment dans les colonies espagnoles, portugaises et françaises qui sont beaucoup plus souples, tolérantes (catholicisme) et acceptent plus rapidement et sans grande difficulté l’accompagnement musical dans les églises.

 Tout ceci conduisit, en 1801, le Pasteur de la première paroisse de l’église méthodiste épiscopale africaine, Richard Allen, à publier un recueil de cantiques intitulé : « A collection of spirituals Songs and Hymns Selected from various Authors » qui contient 54 textes d’hymnes sans musique. Charles-Albert Tindley (1851-1933), fils d’esclaves et prédicateur d’une église méthodiste de Philadelphie – considéré comme le premier auteur de gospel – écrivit des dizaines de morceaux dont « We shall overcome » , l’hymne de la marche pour les Droits civiques de Marthin Luther King en 1960.

 Pour résumer, les noirs adoptent le message de Jésus-Christ, dans lequel ils se reconnaissent et fréquentent les églises blanches qui deviennent leur premier lieu d’expression. Ils plient la liturgie à leurs habitudes et leur sensibilité, en y apportant les caractéristiques de la musique africaine. Par les prêches exaltés, les « repons » improvisés et les hymnes collectifs, ils transforment les cantiques protestants anglo-saxons en Negro spirituals.

Mais l’esclavage se transforme petit à petit en ségrégation raciale bien que les esclaves soient affranchis. Le Ku Klux Klan voit le jour en 1866 et assassinera plus de trois mille cinq cents Noirs entre 1866 et 1875. Les Noirs continuent donc d’interpréter ces chants pour faire face à la dure liberté, mais aussi pour entrevoir un début d’éducation et d’enseignement.

 

LA RECONNAISSANCE UNIVERSELLE DES NEGRO-SPRITUALS

 A partir de 1780, les Camp-meetings sont des rassemblements religieux multiraciaux en plein-air sous des tentes durant lesquels la musique et le chant jouent un rôle essentiel. Ils vont fortement contribuer à l’éclosion du Negro Spiritual.

La diffusion des Negro spirituals et sa reconnaissance universelle seront grandement facilitées, au lendemain de la Guerre Civile (1861/1865) par la fondation des premiers établissements universitaires noirs, tels que Hampton en Virginie ou Fisk à Nashville dans le Tennessee.

C’est d’ailleurs à partir de 1867, sous la direction de leur professeur blanc, Georges L. White, que de jeunes étudiants de l’université de Fisk (Nashville, Tennessee)- les Fisk Jubilee Singers – attirent sur ces chants l’attention du public américain (puis européen). En effet, ils présentent un concert à Nashville qui les conduira non seulement à un immense succès lors du World Peace Jubilee de 1872 à Boston ; mais aussi à chanter devant la Reine Victoria en 1873. 

 Les Fisk Jubilee Singers, composés d’étudiants et de professeurs, chantent des Negro Spirituals mais également des ballades irlandaises et des hymnes sacrés pour toucher un plus large public.

Soweto Gospel Choir