Bonga

Avec son nouvel album Recados de Fora (Messages d'ailleurs) Bonga, qui a fêté ses 74 ans le 5 septembre 2016, raconte un parcours fascinant à travers plusieurs époques et plusieurs continents, et toujours avec l'océan Atlantique en fil d'Ariane. 

Figure de proue de la musique angolaise


Figure de proue de la musique angolaise, Bonga tutoie les étoiles et a donné tout son sens à la notion, aussi plurielle soit-elle, d’africanité. De Luanda à Rotterdam, de Paris à Lisbonne et partout ailleurs, Bonga appartient à une caste de chanteurs africains ayant sublimé leurs racines. Bonga  est immédiatement identifiable, grâce à une voix râpeuse et puissante.
Né José Adelino Barcelo de Carvalho le 5 septembre 1942, à Kipiri, il change son nom en Bonga Kuenda à l’adolescence, reflet d’une prise de conscience aigue à l’égard de la colonisation portugaise. Il apprend la musique auprès de son père, et comprend très vite la portée qu’elle peut avoir, reliée aux aspirations politiques de sa génération et à une veine mélancolique inépuisable.


Ses talents d’athlète lui valent d’aller au Portugal au milieu des années 1960, où il devient champion national du 400m sous son nom de naissance, alors qu’il s’engage en parallèle dans le Mouvement Populaire pour la Libération de l’Angola ! Lorsque le régime salazariste s’aperçoit de sa duplicité, il a juste le temps de s’exiler à Rotterdam, aux Pays-Bas.
En 1972, il y enregistre un premier album intitulé « Angola 72 ».Ce disque devient rapidement une sorte de bande-son de la lutte d’indépendance angolaise.
Ses semelles de vent le poussent ensuite à Paris, où il enregistre un deuxième album tout aussi important que le premier, « Angola 74 », où l’on retrouve notamment une version magnifique de « Sodade », que popularisera Cesaria Evora près de vingt ans plus tard. Salazar déchu et l’Angola devenu indépendant, Bonga retourne ensuite vivre entre Lisbonne et Luanda, où il remporte de nombreux succès.

2000


Il faut attendre l’année 2000 pour que Bonga  signe sur Lusafrica, publiant dans la foulée l’irrésistible « Mulemba Xangola », chanté en duo avec Lura. Tout aussi cosmopolites, dansants et porteurs d’une revendication identitaire forte, les albums « Kaxexe » en 2003, « Maiorais » en 2005 et « Bairro » en 2008 parachèvent la légende d’un chanteur en mouvement permanent.

L’année 2009 voit la parution de l’album « Best of Bonga », rassemblant ses classiques et aussi des titres rares. 
Déjouant les frontières géographiques et musicales, avec un chant et des compositions qui parlent au plus grand nombre, Bonga est le chantre d’une africanité sublimée, la voix d’un Angola moderne et apaisé.
Puis en 2012, c’est le tour de « Hora Kota » (l’heure des sages). Bonga publie son trentième album (le cinquième disque en studio chez Lusafrica), avec onze nouvelles chansons impeccables pour dresser l’état du pays, cet Angola qui l’a vu naître, qu’il a retrouvé après en avoir été longtemps éloigné.
 La jeune génération africaine se réclame de lui, comme Gaël Faye ou Lexxus Legal. Au Portugal, Ana Moura le demande pour un hommage à Amália Rodrigues.
Avec son nouvel album « Recados de Fora » (Messages d’ailleurs) sorti cette année, Bonga, qui vient de fêter ses 74, raconte un parcours fascinant à travers plusieurs époques et plusieurs continents, et toujours avec l’océan Atlantique en fil d’Ariane. Le chanteur, auteur et compositeur, revient pêle-mêle sur sa jeunesse, sa prise de conscience aigüe à l’égard de la colonisation portugaise, son initiation à la musique par son père pêcheur et accordéoniste, son amour pour le semba symbole de l’identité nationale angolaise, et dont le kizomba, cette musique prisée par les jeunes générations n’est qu’une version modernisée. Bonga est l’un des derniers géants de la musique africaine post-coloniale.