Emission du 15 mai  2018

Panorama sur RAY CHARLES
Surnommé « The Genius », le génie), Ray Charles Robinson, dit Ray Charles figure parmi les plus grands musiciens du jazz et surtout du Rythm’n blues. Il est aussi l’un des fondateurs de la musique « soul ».
Né le 23 septembre 1930 à Albany (Géorgie),Ray Charles,s’est éteint le jeudi 10 juin 2004, à son domicile américain de Beverly Hills, d’une maladie du foie.
A lui seul, ce musicien de génie réunissait toutes les contradictions. Né pauvre, noir et très jeune devenu aveugle, à 7 ans,il a renversé toutes les idées reçues et franchi tous les obstacles pour s’imposer comme l’un des plus grands artistes de son temps, et un prophète de la soul et du blues.


RAY CHARLES

Raymond Charles Robinson dit Ray Charles n’a pas la chance de grandir dans un milieu favorisé. Bien au contraire, le  racisme quotidien de cette Amérique sudiste l’enfonce dans sa pauvreté et la misère la plus profonde. Des conditions extrêmement difficiles que vient compléter la mort de son petit frère George en 1935. Quelques mois plus tard, Ray est atteint d’un glaucome qui le plonge définitivement dans l’obscurité. Il a cinq ans, et la vie charrie son lot de souffrances, comme un vieux blues né dans les plantations de coton. 
 
C’est dans la musique que le petit Ray trouve son réconfort. Tout d’abord en découvrant le piano avec son vieux voisin, qui lui fait pour la première fois caresser le clavier. Puis, entré à l’école pour aveugle de San Augustine à l’âge de sept ans, il y découvre les plus grands musiciens classiques et modernes, et y développe une oreille musicale parfaite.
Pendant des années, il apprend à vivre avec son handicap. Il perd successivement sa mère et son père, à quelques années d’intervalle. Orphelin, il n’a plus aucune raison de revenir dans sa Géorgie natale. Il se plonge avec encore plus de frénésie dans l’apprentissage de la musique.
 
La cécité Ray Charles n’est plus un obstacle pour lui et il fonde,  à seulement 17 ans, dans la ville de Seattle, sa première formation jazz, le Mc Son Trio, et compose ses premières chansons. Il fait aussi la connaissance de sa première compagne, Louise Mitchell, qui lui donnera un enfant (il en aura en tout treize avec de nombreuses femmes !) et, surtout, de celui qui allait devenir son meilleur ami et un grand producteur: Quincy Jones. Puis Ray devient le musicien attitré de plusieurs artistes déjà reconnus, et en profite pour changer son véritable nom en Ray Charles, évitant ainsi l’homonymie d’une autre célébrité Ray “Sugar” Robinson.
 
C’est à Seattle que notre Ray Charles commence réellement sa carrière. De clubs en boîtes de nuit, tout le monde se presse pour écouter ce génie noir et aveugle, réinventer la musique noire américaine, à base d’un sublime cocktail de gospel, de jazz, de blues et de soul. Nous sommes au début des années 50 et la légende Ray Charles est en marche.
Ses premiers succès ont un parfum de scandale, notamment le titre I’ve Got a Woman en 1954, qui choque les puritains et ravit les opprimés. Ces derniers trouvent en Ray Charles, une forme de rébellion contre le système, les injustices, et le racisme.
 
Si le Ray Charles sombre lentement dans la drogue, sa musique, elle, a la force explosive du rock, et agite les années 50. Durant des années, son existence sulfureuse le conduit de défaites en divorces, de conquêtes en échecs, et le prend au piège de l’héroïne.
La magie Ray Charles prend toutefois naissance au début des années 60 avec l’incontestable succès planétaire de plusieurs de ses tubes: Georgia on my Mind en 1960, Hit the Road Jack en 1961.
La voix chaude Ray Charles est inimitable. Son succès auprès des jeunes et des femmes est gigantesque. Le petit enfant pauvre et aveugle d’Albany a pris sa revanche. Il conquiert ensuite l’Europe et chante pour la première fois à Paris en octobre 1961, où sa prestation fédère la jeunesse, la profession et les amateurs de musique soul.
Après une arrestation à Boston en 1964 en possession d’héroïne, le musicien s’engage à suivre une cure de désintoxication et se débarrasse enfin de la drogue en quelques mois. Sa carrière s’en trouve grandie, son état de santé lui autorisant plus aisément les interminables tournées, interviews et séances d’enregistrement.
Durant des décennies, la notoriété de Ray Charles ne fléchira  pas. Il continue de composer, d’enregistrer, de se produire en concerts dans le monde entier. Il enregistre pour le cinéma ou participe à la chanson We Are The World, pour laquelle nombre d’artistes américains chantent contre la famine en Ethiopie en Afrique.

Ray Charles consacre le reste de sa carrière aux concerts,  jusqu’à son 10.000e. Il s'était produit sur scène pour la dernière fois le 30 avril 2004, au côté de Clint Eastwood, lorsque la ville de Los Angeles avait décidé de faire de ses studios d'enregistrement un monument historique.
Il venait aussi d'enregistrer avec Norah Jones , B. B King et Willie Nelson un album de duos intitulé : "Genius loves Compagny".
La notoriété de Ray Charles est permanente et sans faille.
Sans égal, Ray Charles a su s’extirper de la misère à laquelle il était condamné. De ses handicaps sociaux, physiques, raciaux, il a fait une force et est devenu, en quelques années, un des plus grands musiciens noirs américains de tous les temps, l’égal d’une Ella Fitzgerald, d’un Miles Davis ou d’un Nat King Cole.
Ray Charles, c'est plus de 40 ans de carrière et plus de 10 000 tournées à travers le monde.Il  a vendu plusieurs dizaines de millions d'albums et a influencé de nombreux artistes, comme Elvis Presley, Aretha Franklin, Stevie Wonder, Van Morrison, B